vendredi 27 mai 2016

Le Poilu limougeaud (et ponticaud) Emile Bourdelas


Emile Bourdelas, sans doute dans les années 30

L’entreprise de peinture Bourdelas travaillait sur des chantiers de maisons de la bourgeoisie limousine, avec d’autres entrepreneurs comme Francis Chigot, verrier et peintre de vitraux.
Les Bourdelas travaillèrent par exemple pour la famille Barataud, au sein de laquelle éclata à la fin des années 20 la retentissante et mystérieuse « affaire Barataud » : les meurtres d’un chauffeur de taxi et de Bertrand Peynet par l’héritier des Barataud – Charles, « dépravé » (dit la presse de gauche de l’époque) condamné aux travaux forcés en Guyane. Gracié en 1948, il refusa toujours de quitter Cayenne, vivant de petits travaux et de la charité d’anciens compagnons de détention, sa famille l'ayant renié.

Emile Bourdelas est incorporé comme caporal au 89ème Régiment Territorial d’Infanterie, 4ème Bataillon, 16ème Compagnie, 1ère Section, qui part de Limoges le dimanche 16 août et participe à toute la guerre.
On dispose du Journal de Marche et Opérations du 4ème Bataillon.
Le petit carnet d’Emile, offert par les biscuits Pernot, est très sommaire. Son écriture s’efface doucement. C’est une sorte de pense-bête que confirme le J.M.O. S’il est parcellaire pour l’historien, il est inspirant pour l’écrivain… d’autant plus qu’il semble avoir servi, par la suite de carnet d’écriture pour le petit-fils d’Emile, Jean-Marie.

Parmi les souvenirs racontés par Emile, celui d’avoir été enseveli par l’explosion d’un obus, et d’avoir été sauvé par ses camarades avant qu’il ne soit trop tard. Un véritable traumatisme vécu par nombre d’autres soldats : être enfoui vivant dans la terre, se sentir mourir étouffé, parfois être délivré par ses camarades.
Dans les objets conservés par la famille, deux porte-photographies touristiques d’Yvon consacrés aux Champs de bataille de Verdun et à la ville. Les anciens combattants, à partir des années 1920, effectuent sur le champ de bataille des pèlerinages graves et silencieux. La mémoire combattante avec la visite recueillie de l’Ossuaire, sans cérémonie cocardière, sans discours de notables (on ne parle pas devant les morts !) a fini par s’imposer.
Voir le site du Mémorial de Verdun.



Documents extraits de l'exposition "Percer la chair", Bfm de Limoges, 2014


Inscription sur l'un des seaux des Bourdelas 


Dessin d'Emile


Eugène, Mathilde et Marie sans doute pendant la guerre de 14.
En l’absence du père, première souffrance, angoisse de la disparition – partagée avec la maman.
Les enfants furent très vite impliqués dans le conflit, la guerre devenant un sujet de réflexion à l’école. Certains participèrent même à l’effort de guerre en travaillant dans les champs ou les usines. Ils furent aussi souvent victimes des conséquences de la guerre : privations et restrictions : par exemple le froid dû au manque de charbon.






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