mardi 1 décembre 2015

Mais que va devenir le Limousin? ...

Jean Fayen, Totius Lemovici et confinium provinciarum […] novissima et fidissima descriptio, Tours, Maurice Bouguereau, 1594, Carte originale publiée par Bouguereau dans Le Theatre francois
BNF, Cartes et Plans, Ge D 15 016

A quelques jours des élections régionales - qui, dans la vaste région Aquitaine, ne semblent pas si majoritairement favorables au P.S. qu'annoncé -, il est bon de se demander ce que va devenir le Limousin, déjà qualifié par certains comme "l'arrière-pays" de Bordeaux, la nouvelle capitale... J'ai déjà écrit ici comment, alors qu'avait été prévue la disparition des départements, c'est finalement le regroupement des régions qui a été décidé, parfois dans l'improvisation (le Limousin d'abord rajouté au Centre, puis à l'Aquitaine, etc.), les négociations se poursuivant parfois jusqu'à la nuit ayant précédé l'annonce.
Les enquêtes d'opinion semblent indiquer qu'une majorité de la population limousine ne semble pas être satisfaite de cette dilution à venir. Il faut dire que la population n'a pas été consultée sur l'opportunité de cette réforme territoriale. Et si des propos lénifiants pré-électifs ont pour but de rassurer les Limousins, rien ne dit que notre vieille région, dont l'unité était séculaire, y gagnera...
Depuis le début, l'ancien président fort dynamique du Conseil régional Robert Savy - qui prépare un livre à propos du "crépuscule des socialistes en Haute-Vienne"... - a indiqué qu'il n'était pas d'accord avec cette réforme. Il l'a redit le 27 novembre au Populaire du Centre: "François Hollande a choisi la compétition des territoires. Tout ce que l'on a mis des années à construire, au service de tous, s'écroule (...) il s'agit de conforter l'empire colonial d'une métropole. Et ce sera d'autant plus difficile que les élus limousins seront 24 dans la grande assemblée, sur 183 élus. Pour se faire entendre, il faudra que chacun soit très bon (...) Les lieux de décision et la matière grise vont fuir le Limousin."
A ce constat inquiétant, Jean-Paul Denanot, son successeur socialiste, aujourd'hui député européen, répond que "Limoges est une ville qui va compter (...) Le Limousin faisait partie des régions les plus pauvres. Nous serons désormais parmi les plus riches." (Sans doute veut-il parler là de la grande région Aquitaine, plus que du Limousin...). Il avoue cependant que la réforme "n'était pas la priorité".
Le risque pour le Limousin est sans doute de perdre progressivement un certain nombre de directions et même services (la DRAC, par exemple), de voir diminuer certaines aides (aux petites structures culturelles et éditoriales, par exemple?), de perdre des étudiants, peut-être des entrepreneurs, de devenir progressivement une région uniquement agricole (élevage, sylviculture...) et de tourisme vert et en partie culturel. Certes, la France est la 1ère destination touristique mondiale, et le tourisme est une source importante de revenus pour notre économie, mais veut-on vraiment d'un Limousin qui ne serait qu'un vaste parc naturel doublé d'un espace muséal? (Certains disent: "une réserve d'Indiens"...). Il y aurait alors à craindre aussi que le solde migratoire redevienne négatif. Sans doute est-ce une vision pessimiste de l'avenir. Gageons que les élus et surtout les forces vives de la région se battront pour l'éviter.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.