mardi 27 octobre 2015

En 1935, un album de caricature contre la réélection de Léon Betoulle à la mairie de Limoges...


Léonard (Léon) Betoulle est  né en 1871 à Limoges où il est mort en 1956. Il détient le record de longévité à la tête de la mairie de Limoges, soit 38 années cumulées. Il est membre de la SFIO. En 1905, il participe au lancement du journal Le Populaire du Centre.
Conseiller municipal puis adjoint au maire de Limoges, Emile Labussière, il démissionne en 1906, conduit une liste composée de nombreux élus démissionnaires de la majorité sortante, mais il est battu par le conservateur François Chénieux. Il conquiert finalement la mairie en 1912 en battant le Docteur Adrien Desbrières (Louis Goujaud, le mieux élu de la liste, doit céder à Léon Betoulle le fauteuil de maire lors d’une élection où les ponticauds présents à l’Hôtel de Ville conspuent son adversaire. Le ponticaud meurt huit ans plus tard et un monument est érigé par souscription à la mémoire de cet « ami du peuple »). Il est réélu en 1919, 1925, 1929 et 1935.
Il fut par ailleurs député, sénateur et président du Conseil général de la Haute-Vienne. 
Pour en savoir plus, on lira les articles écrits par l'historien Vincent Brousse dans le quotidien L'Echo au moment des élections municipales de 2014 et mon Histoire de Limoges, parue chez Geste Editions.
Au moment des élections municipales de 1935, est publié un livret grand format, en noir et blanc, signé Anthéor et Max, imprimé par la Société des journaux et publications du Centre, intitulé Les fossoyeurs de Limoges
On notera de nombreuses allusions (à volonté malveillantes), par exemple à la franc-maçonnerie, très présente à Limoges. Egalement à la tradition du "plaçou" consistant à donner un travail aux amis politiques... A la construction également, de logements sociaux. A Limoges, l’Office Public des Habitations à Bon Marché (O.P.H.B.M.) naît en 1919. Il doit remédier à l’état déplorable du logement des catégories populaires en cette période d’entre-deux-guerres. La municipalité socialiste engage un important programme de construction. De 1924 à 1956, l’O.P.H.B.M. livre 1 800 logements, sur huit sites différents. L’agréable cité-jardin de Beaublanc, construite par Roger Gonthier, en est le premier exemple. Elle se compose de 202 logements allant du deux au quatre pièces (avec gaz, électricité, eau courante), dans des petits bâtiments en pierre de deux niveaux avec jardin individuel pour chaque famille et des équipements collectifs (lavoirs, bains douche). En 1929, les premiers immeubles de la Cité des Coutures voient le jour (trop proches de la gare… selon les bourgeois). La construction s’achève en 1932. 540 logements, dotés du confort, sont répartis dans des bâtiments de quatre étages, avec des équipements collectifs et des commerces en pied d'immeuble. 25 ans plus tard, une troisième tranche de 75 logements est ajoutée aux deux premières. (A la fin des années 2000, deux cages d'escaliers de la rue Pressemane sont démolies, afin d'ouvrir l'intérieur de la cité.) Divers ouvrages et témoignages ont montré combien ces cités populaires avaient marqué ceux qui y avaient habité, combien un « esprit » propre s’y était développé. Les Coutures furent un lieu de résistance, pendant la guerre, mais aussi au moment des luttes sociales, par exemple en mai 1968. De 1936 à la veille de la seconde guerre mondiale, Limoges se dote de quatre nouvelles cités, de différents styles architecturaux : Casimir Ranson, Léon Betoulle, Ernest Ruben, Victor Thuillat (du nom du Vénérable des « Artistes Réunis » qui oeuvra à la transformation de Naugeat en hôpital spécialisé et à la réalisation de cités ouvrières), soit 524 logements. Mais les besoins en logements sont loin d'être satisfaits et le nombre de logements insalubres augmente. En 1950, les Habitations à Bon Marché deviennent les Habitations à Loyer Modéré (H.L.M.). L'Office H.L.M. de Limoges construit le Mas-Neuf, une partie de la cité du Docteur Jacquet, rehausse la cité Victor Thuillat d'un cinquième étage et adjoint un bâtiment à la Cité Casimir Ranson (soit 220 logements). En 1954, suite à l'appel de l'Abbé Pierre, les cités d'urgence sortent de terre (deux cités d'urgence, rue Colette et Paul Eluard : 100 logements), suivies par les logements populaires familiaux " LOPOFA " (Docteur Jacquet 100 logements) et les opérations Millions (Raoul Dautry : 120 logements). Ces constructions de logements sociaux s’accompagnent de l’organisation de colonies de vacances et de centres aérés qui permettent aux jeunes limougeauds modestes d’aller prendre l’air sur les rivages de l’océan ou à la campagne. Michel Laguionie a montré comment les francs-maçons (très présents dans l’entourage du maire) s’étaient préoccupés du développement des œuvres post et périscolaires, s’intéressant par exemple de près au Mas-Eloi.
Est également abordée la "stagnation" limougeaude. Progressivement, Limoges se désindustrialise : la porcelaine (frappée par la crise de 1929), malgré des efforts incontestables de modernisation, décline, tout comme la chaussure. Le nombre d’ouvriers diminue. Parce qu’elle perd de son attractivité, parce que ses enfants sont frappés par les guerres, Limoges voit sa population stagner : passant de 93 000 habitants en 1911 à 107 000 en 1954.
De même parle-t-on du Front Populaire réunissant les socialistes, les communistes et les radicaux face à la droite et surtout l'extrème droite, particulièrement menaçante depuis le 6 février 1934. On notera au passage que Léon Blum est représenté comme la presse antisémite aime le caricaturer... 
Je vous en propose ici la numérisation (collection personnelle, tous droits réservés), car il s'agit d'un beau document historique... 


































































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