vendredi 18 septembre 2015

Le 4 novembre à 11 heures cérémonie en l’honneur du proviseur Joseph Storck au lycée Gay-Lussac à Limoges

 
Alors que la Ville de Limoges vient enfin de rendre hommage à la mémoire de Georges Guingouin et Bob Maloubier en donnant leurs noms à un pont et un boulevard, une cérémonie en l'honneur de l'héroïque proviseur du lycée Gay-Lussac aura lieu début novembre.
 
Joseph Storck est né en 1897 à Guebwiller.

En septembre 1914 il est mobilisé et part, incorporé dans l'artillerie, pour le front russe jusqu'en 1918.
Ce n'est qu'après la guerre qu'il peut terminer ses études à Aix-en-Provence et qu'il obtient son premier poste d'instituteur, avant d'entrer à l'annexe de l'école normale de Colmar où il obtient en 1928 ses diplômes de professeur de lettres. Il est alors nommé à Colmar.

En 1924, il épouse Emma Tschaen, de Guebwiller.

En 1931, il obtient l'agrégation. Il devient professeur à Carcassonne, censeur au lycée de Belfort en 1933, proviseur du lycée de Vesoul en 1935, puis celui de Limoges en 1938.

En 1940 il est mobilisé une seconde fois sur le front de la Lorraine et même en Belgique comme commandant de batterie d'artillerie. 

A la fin de la guerre il retourne à Limoges.
Il prend alors un poste de proviseur du lycée de garçons Gay-Lussac à Limoges, où étaient réfugiés de nombreux Alsaciens. A ce poste il sauvera de nombreux jeunes pensionnaires juifs en leur attribuant de fausses identités qu'il réalisait lui-même dans son imprimerie clandestine, afin qu'ils ne puissent pas être repérés sur les listes et en les cachant lors des perquisitions de la Gestapo et de la milice. 
Parmi ces enfants sauvés figure notamment le professeur Lazare Landau, devenu depuis l'une des figures du judaïsme strasbourgeois, particulièrement actif dans les relations avec les Églises chrétiennes et catholique en particulier. "J'avais 12-13 ans à l'époque, se souvient le professeur Landau. Joseph Storck, qui avait même proposé de m'intégrer dans sa famille pour me protéger, ce que mes parents ont refusé, m'a caché dans un réduit le jour où la milice me recherchait." 

Gérard, né en 1926, Simon Schwarzfuchs, né en 1927, réfugiés Alsaciens, fréquentent également le lycée dès la rentrée 1939.
Simon Schwarzfuchs décrit le proviseur comme un Alsacien bon teint, toujours vêtu de noir et le melon vissé sur la tête. Il répandait la terreur rien que par son apparition. Ne voulant pas écrire le samedi, il fut convoqué chez le proviseur. Il s'y rendit avec une recommandation du rabbin que Joseph Storck déchira en lui disant : "Si on n'est pas capable de demander ce qu'on veut seul, il vaut mieux se taire !. Il accepta d’exempter Simon Schwarzfuchs d'assister aux cours le samedi. Ils resteront au lycée jusqu'à l'été 1942.

Au début de l'année 1943, alors que la Gestapo multiplie les arrestations et les déportations, Joseph Storck décide d'envoyer ses protégés dans des familles d'accueil et interdit l'accès du lycée à la police de Vichy.

En mai 1943, 11 élèves appartenant à une organisation résistante sont arrêtés et internés au camp de Nexon. Joseph Storck prend leur défense devant le conseil de discipline, leur rend visite au camp à plusieurs reprises et organise la correction de leurs devoirs. Il réussit même à les faire sortir du camp pour se présenter aux examens.

En 1944, Joseph Storck est nommé inspecteur d'académie en Alsace, d'abord à Altkirch puis à Colmar. 
Après sa retraite, il est élu maire de Guebwiller en 1971, un mandat qu'il exercera pendant deux ans seulement, à cause d'une santé déficiente. Il était officier de la Légion d'honneur, commandeur des palmes académiques, s'était vu décerner la médaille de la Résistance et avait été déclaré citoyen d'honneur de la Ville de Limoges.

Il est décédé en janvier 1989 à Biarritz et a été inhumé à Guebwiller où il était né le 16 août 1897

Officier dans l'ordre de la Légion d'honneur, commandeur des palmes académiques, titulaire de la médaille de la Résistance et citoyen d'honneur de la ville de Limoges, Yad Vashem a décerné à Joseph Storck le titre de Jute des Nations le 14 juin 1998. 
 
(source: site de l'A.J.P.N.)


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