samedi 14 mars 2015

Petit frémissement des candidatures d'union républicaine en Haute-Vienne

La stratégie actuelle est au battage médiatique autour du Front National: c'est bon pour les médias et, semble-t-il, bon politiquement pour un exécutif impopulaire qui cherche à  (re)trouver à bon compte un vernis de gauche, après tant de promesses non tenues et de déceptions. Il y a certes des raisons d'être inquiet, y compris en Limousin! Les idées d'extrême-droite et le programme du F.N. ne pouvant que conduire dans le mur - et l'on sait que parmi ses électeurs, il y a ceux qui expriment une protestation et ceux qui adhèrent (il n'y a qu'à lire certaines déclarations publiées par certains candidats sur les réseaux sociaux - ce n'est pas pour rien que le MRAP et l'UEJF viennent de porter plainte contre certains d'entre eux, notamment à Limoges). Cette surmédiatisation - excessive - va porter ses fruits, toute comme l'abstention des déçus du précédent et de l'actuel quinquennats. Si la France se "fracasse" ce sera d'abord à cause de ces déceptions. Mais avant elle, c'est semble-t-il le P.S. qui va se "fracasser", ce qu'il a commencé à faire, en Haute-Vienne, avec la perte de Limoges et d'un sénateur (et pas n'importe lequel: le 1er secrétaire départemental).

Alors, certaines initiatives passent plus ou moins inaperçues, ainsi ces candidatures qui réunissent des candidats soutenus à la fois par le Parti Radical et le Parti Radical de Gauche. Ce fut le cas à l'occasion des sénatoriales avec Jean-Marc Gabouty et Monique Boulestin - duo gagnant. C'est le cas à l'occasion des départementales avec Christine de Neuville et Alexandre Bara dans le canton d'Eymoutiers, face à trois listes de gauche, dont deux à l'extrême-gauche (!).

Ceux qui ont été étonnés par cette alliance, contrairement aux grands électeurs qui ont élu J.M. Gabouty, ceux qui ont parlé de "traîtrise" à propos de Monique Boulestin, hormis le fait qu'ils n'ont guère été politiquement clairvoyants, manquent sans doute à la fois de subtilité et de connaissances historiques. Et même Le Populaire du Centre qui a simplifié les candidats du canton d'Eymoutiers en "candidats de droite" a sans doute été vite en besogne. En effet, lorsque le P.R.G. s'allie avec le P.S., personne ne parle de candidats de droite ni de traîtrise... En fait, cette "union républicaine" est plutôt, politiquement et localement, une renaissance d'un Centre radical, plutôt logique historiquement. 

A ceux qui ne connaîtraient pas ou auraient oublié les apports du radicalisme historique à la démocratie et à la République, je conseille la lecture de ces rappels:



 Souvent divisé et éparpillé, le Centre pourrait cependant être une alternative locale et nationale, permettant d'échapper à l'hystérisation actuelle de la politique, si tant est qu'il réussisse un jour à vaincre ses divisions, celles qui éloignent le centre-droit du centre-gauche. Les Verts ont fait le choix - par ailleurs discutable et discuté - de s'allier en Haute-Vienne avec le Front de Gauche, mais le Centre a lui-même des préoccupations écologiques - les candidats du canton d'Eymoutiers sont d'ailleurs soutenus par Génération Ecologie, dont les fondateurs (Brice Lalonde, Haroun Tazieff, Jean-Louis Borloo, Noël Mamère, Yves Pietrasanta, etc.) avaient fait leurs preuves de militants de l'environnement (voir ci-dessous).


 Mais en France - lisons Mona Ozouf à ce sujet - depuis la Révolution Française, la tradition politique veut que l'on s'écharpe aux extrêmes et que l'on cultive la culture de l'affrontement au détriment de celle du consensus. Et rien ne dit que ceux qui se déplaceront pour aller voter ne choisiront pas l'extrême-droite plutôt que le Centre...












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