dimanche 16 novembre 2014

Où il est question de Limoges dans Libération

Le jeudi 30 octobre 2014, la photographie d'Emile-Roger Lombertie, nouveau maire de Limoges, était en "Une" de Libération, accompagnée par cette légende: "Passée à droite à 587 voix près, la ville historiquement ancrée à gauche, vit depuis mars au rythme de son nouveau maire UMP, tendance décomplexée." Jamais la presse nationale n'avait autant parlé de Limoges que depuis qu'elle a été conquise par la droite! Mais c'est très bien que Libé s'intéresse un peu à notre ville, ce qui est le cas depuis qu'elle permet à la plume de Julie Carnis de s'exercer... Pages 10 et 11 du quotidien, donc, un titre sans ambiguïté (mais choisi, nous dit la journaliste, par le quotidien): "Limoges terni par la droite dure" (j'aurais mis un e à "terni" même si les usages varient), évoquant en chapeau (texte également choisi par le journal) un "maire adepte de la politique spectacle et des arrêtés populistes." Nous avons déjà longuement analysé ici - ainsi que dans mon livre Histoire de Limoges - les raisons multiples de cette alternance; Julie Carnis y revient ici, en soulignant aussi les différences de comportement de l'ancien maire Alain Rodet "froid et austère" (ce qui reste à prouver...) et le nouveau, plus "affable". Quelques piques sur le nouvel édile: "Jacques Chirac avait les pommes, Roger Lombertie a choisi le chewing-gum." Des interrogations (avec l'historien Vincent Brousse) à propos de la ligne politique, avec un rappel sur le fait que le nouvel élu ait accepté de désigner à la présidence d'un sous-comité de la commission "éthique" chargée de la "surveillance des associations" à un conseiller municipal F.N. Julie Carnis appelle également à la rescousse l'avocat Jean-Eric Malabre, spécialiste du droit d'asile, à propos de la volonté du maire de "supprimer la possibilité pour les gens du voyage de contester un arrêté d'expulsion." Le juriste a beau jeu d'évoquer alors l'ex-URSS ou la Chine. Julie Carnis évoque encore les arrêtés anti-prostitution ou anti-mendicité - logiques concessions à l'électorat de droite. Il faut dire que la prostitution dans le quartier du Champ de Juillet et autour était devenue une véritable plaie pour les habitants du quartier et constituait un drôle de paysage pour ceux qui arrivaient en ville par le train! Sans parler des problèmes de stupéfiants, de délinquance diverse, de la condition faite aux femmes! Force est toutefois de constater que la prostitution continue, ailleurs... La journaliste évoque aussi le recrutement d'une dizaine de militants et sympathisants UMP par les services municipaux, ce qui change effectivement des recrutements de militants et sympathisants PS des 102 années précédentes... Elle évoque enfin la gauche "apathique" (elle pourrait dire aussi "divisée") - ce qui est un euphémisme. Dans les témoignages recueillis sur un marché de la ville, on retient cette phrase: "à droite ou à gauche, ce qui manque à cette ville, c'est une identité et un vrai leader." Surtout à gauche, pour l'instant! D'ailleurs, on s'étonne qu'aucun(e) élu(e) de l'opposition ne s'exprime dans cet article. Il est évident que la gauche - et en particulier le Parti Socialiste local - doit se remettre en cause, analyser sérieusement sa défaite, écouter, à nouveau proposer, et laisser émerger des talents, si elle veut un jour reconquérir la ville. C'est d'ailleurs en cela qu'une alternance est bonne.

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