samedi 1 novembre 2014

Le magnifique comédien limougeaud Jean Pellotier vient de disparaître

Dessin de Christophe Lagarde

Il y a tout juste un an, en novembre 2013, l'excellent Jean Pellotier me confiait ses souvenirs pour un ouvrage qui paraîtra prochainement. En voici un extrait.
 
 
« Ainsi que nombre de comédiens, c’est en partie pour vaincre ma timidité et aussi parce que j’ai éprouvé très vite une passion pour la poésie, que je commençai à m’entraîner dans la chambre vide d’un très vaste appartement – pièce comportant une alcôve pouvant figurer un plateau. C’est donc sous l’Occupation que j’affrontai le public en des spectacles donnés au bénéfice des prisonniers de guerre. Encouragé par mes camarades collégiens auprès desquels, me semblait-il, j’avais gagné quelque estime, je montai à Paris, venant de Fontenay-le-Comte en Vendée, avec une insouciance totale vis-à-vis de la concurrence, cramponné à mon ego ! C’était l’automne 1945.
            Je m’inscrivis au cours d’un certain Louis Blanche (le père de Francis), comédien au Théâtre de l’œuvre. Ces cours avaient lieu au Théâtre des Noctambules, à deux pas de la Sorbonne. Je n’y suis resté que quelques mois. Et ce furent des mois de petits boulots : spectacles de patronage, synchro, figuration… et théâtre de salon chez ma propriétaire, poétesse et hagiographe à la Bonne Presse… ambiance « Madame Verdurin ». Pour sortir de cette situation aléatoire, j’eus l’idée de me présenter à un concours de speaker en 1947, conjointement à une audition de comédiens à la Radio Diffusion Française. J’eus la joie d’être reçu, mon timbre de voix convenant au style très officiel propre à l’époque. Nommé à Tunis (1949-1955) puis à Toulouse (1955-56), je suis arrivé ensuite à Limoges, boulevard Victor Hugo, où j’ai exercé jusqu’à l’éclatement de l’Office – 26 ans de radio au cours desquels le métier de speaker s’effaçait sournoisement face à l’emprise grandissante des journalistes et animateurs plus ou moins déboutonnés… Dieu merci, les émissions dramatiques m’ont permis de tenir la tête au-dessus des ondes, sans parler des émissions littéraires et de plusieurs spectacles décentralisés ou de télévision régionale et nationale.
            Et ce fut le Conservatoire de Limoges, où je suis resté aussi 26 ans, succédant à Jean Dorsannes, mon successeur étant Michel Bruzat. Vinrent ensuite nombre de participations avec J.P. Laruy, le Grand Théâtre, le Festival de Bellac, Michel Bruzat, des films avec Patrick Jeudy, la télévision avec Serge Danot… Verba volent ! » (c) L. Bourdelas, 2014.

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