mardi 28 janvier 2014

Nocturne républicaine à Limoges en réaction à la venue de Dieudonné

Excellente idée du député-maire de Limoges, Alain Rodet (candidat à sa réélection), et de nombreuses associations anti-racistes, ouvrir le Musée de la Résistance de Limoges tandis que Dieudonné, militant politique et ancien humoriste, était sur la scène du zénith de la ville devant de jeunes adeptes de la "quenelle", si l'on en croit des photographies postées sur internet par ses fans.
Une soirée digne, près de la belle cathédrale aux vitraux illuminés, pour se souvenir que le Limousin fut une terre de résistance et d'accueil pour les victimes de l'attaque éclair des Allemands contre la France en mai 1940, puis des Juifs, malgré les persécutions nazies et de Vichy. En réponse aux videos abjectes montrant Dieudonné convier des négationnistes pour parler avec lui ou faisant intervenir un comédien vêtu en déporté pour lui donner la réplique. J'ai songé à tout cela en regardant l'uniforme de déportée de la chère Thérèse Menot, à qui nous avions rendu hommage au collège Maupassant à Limoges, de son vivant. J'étais heureux d'être là avec mes deux fils, avec ma compagne, philosophe, de me souvenir de mes grands-parents maternels qui imprimaient de faux papiers pour l'Armée Secrète et les Juifs, au risque de leur vie. Il y avait du monde, d'ailleurs - à commencer par une grande partie du conseil municipal et le maire. Il y avait Camille Senon, survivante du tramway d'Oradour-sur-Glane, militante et témoin de toujours (candidate aux municipales sur la liste du Front de Gauche), à qui je suis allé dire combien le livre de mémoire publié avec l'historien Guy Perlier m'avait touché. Comme l'a dit Alain Rodet avec juste raison, le souvenir de la résistance et des martyrs nous oblige.Il y avait là des socialistes, donc, des écologistes, des associatifs et de simples citoyens. Je n'ai pas vu les responsables du centre ou de la droite, ni même ceux de l'extrême-gauche, mais je ne suis pas resté toute la soirée. Peut-être sont-ils passés après mon départ.
Il y avait une grande affluence, mais il n'y avait pas la grande foule. A quelques mètres de là, indifférents, de jeunes étudiants riaient devant un bar. Il faut pourtant demeurer en alerte, car la parole, les actes, se sont libérés depuis quelques temps déjà. 
Le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie... sont tapis quelque part dans l'ombre, mais n'ont pas disparu, surtout en ces temps de crise et de fragilité. La parole politique doit d'ailleurs être parcimonieuse et intelligente et ne pas promettre ce qu'elle sait être impossible à atteindre; car la déception nourrit le découragement, les peurs et le mécontentement - les années 30 nous l'ont montré en Europe.

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