mardi 17 décembre 2013

Une Ecole vétérinaire à Limoges

L'Ecole vétérinaire de l'intendant Turgot

C'est le vétérinaire Pierre Desnoyers – ancien élève du Lycée Gay-Lussac – qui, dans sa thèse de 1967, révéla que l'intendant Anne-Jacques-Robert Turgot était à l'origine de la seconde Ecole vétérinaire de Limoges, dont l'existence fut malheureusement fort brève. Dès son arrivée en Limousin, Turgot fut sensible au développement de l'art vétérinaire, nécessaire dans cette région d'élevage. Dès 1763, il ne ménage pas ses efforts en faveur de l'ouverture d'une Ecole vétérinaire à Limoges et surtout d'un financement royal qu'il espérait mais qu'il n'obtint pas. L'établissement ouvrit pourtant en février 1766. Turgot avait informé la population de cette création et proposé aux paroisses les plus riches de prendre sous tutelle certains élèves afin de s'assurer le concours des futurs diplômés. Pour être admis, ceux-ci devaient savoir lire et écrire et avoir entre quinze et vingt-cinq ans. Le professeur responsable était Le Blois, assisté par Barjolin. L'effectif constant ne fut que de trois élèves. L'Ecole avait pour but d'enseigner mais aussi de traiter les animaux malades. « Toutes les parties de la médecine des animaux » étaient étudiées.
Le 5 novembre 1768, toutefois, l'Ecole ferma, faute de reconnaissance officielle, de moyens et faute de candidats – peu de jeunes gens étant attirés par la médecine vétérinaire, la majorité préférant étudier la chirurgie, plus lucrative. Cependant, écrit Pierre Desnoyers, l'existence de l'Ecole fit connaître cette nouvelle profession. En 1786, il y avait trois vétérinaires à Limoges : Persche, Sazerat et Mirat. En 1836, l'Administration préfectorale de la Haute-Vienne émit des souhaits en faveur de la création d'une nouvelle Ecole vétérinaire à Limoges mais, après étude, le projet fut abandonné. 

Et aujourd'hui?
 
Depuis 2012, le Lycée Léonard Limosin accueille une classe préparatoire aux grandes écoles: biologie, chimie, physique et sciences de la Terre. Une trentaine d'élèves peuvent y préparer les concours de l'Ecole Normale Supérieure d'Agronomie ou de l'Ecole Nationale Vétérinaire, entre autres. Les 4 écoles nationales vétérinaires (Lyon, Maisons-Alfort, Nantes et Toulouse) recrutent à différents niveaux, via cinq concours communs. L’accès est très sélectif, le taux de réussite allant de 7 à 20 % selon les concours.
La formation se déroule sur 5 ans. Les 4 premières années forment un tronc commun avec des cours théoriques (en anatomie, physiologie, pathologie, bactériologie, virologie, parasitologie, pharmacologie, zootechnie, épidémiologie, chirurgie...) et des cours appliqués. Dénommée "toute clinique", la 4e année est consacrée à des stages. Ce cycle est validé par le diplôme d’études fondamentales vétérinaires (DEFV) qui confère le grade de master. La 5e année est une année d’approfondissement à l’issue de laquelle les élèves doivent présenter leur thèse de doctorat, afin d’obtenir le diplôme d’État de docteur vétérinaire (DEV). Les étudiants approfondissent leur pratique clinique dans une filière (animaux de compagnie, animaux de production, filière équine). Ils peuvent choisir de compléter leur formation à l’université (dans le cadre d’un M2 ou d’une 1re année de thèse selon leur parcours) ou à l’École nationale des services vétérinaires (en santé publique vétérinaire).
On pourrait rêver (comme Pierre Desnoyers je crois) que de véritables passerelles soient justement créées, à l'occasion de la cinquième année, entre les Ecoles et la région Limousin, où l'élevage bovin (et ovin) occupe une place de choix.
 

 

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