dimanche 24 novembre 2013

La campagne en vert (et rose)

Ancien responsable en Limousin du Pôle écologique du P.S., j'évoquais ici-même, il y a peu, les tergiversations vertes à propos de la stratégie pour les municipales. Les militants ont finalement choisi la sagesse électorale la plus cohérente pour eux: ils rejoignent la liste qui sera conduite par Alain Rodet, ce qui devrait leur permettre de peser sur le programme puis sa mise en oeuvre, en particulier s'ils obtiennent un ou deux adjoints. Cela ne va pas sans quelques vagues, comme c'était prévisible: ainsi Marie Wilhelm-Labat qui annonce sa démission du parti pour rejoindre le Front de gauche. Ce dernier ne bénéficiera donc pas - comme il l'espérait - d'une dynamique résultant d'une union écologistes - extrême-gauche. Il lui sera donc plus difficile d'être seul "légitime" à propos des questions écologiques. 

Par ailleurs, les propos de Jean-Luc Mélenchon sur l'enseignement des langues régionales, par exemple du breton dans les écoles Diwan (qualifiées de "secte" dans un débat au Sénat en 2008 - le sénateur socialiste faisait d'ailleurs un certain nombre d'erreurs quant à l'histoire de la langue bretonne), son opposition résolue à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires (comme Nicolas Sarkozy) devraient logiquement éloigner les Verts du Front de gauche. On (re)lira ici quelques propos intéressants: http://taban.canalblog.com/archives/2011/11/26/22815055.html et l'on se souviendra opportunément que la Ville de Limoges soutient la Calendreta (à juste raison: j'ai pu constater que les élèves arrivant au collège après ce cursus avaient l'esprit très ouvert), de même que - depuis le début - le Conseil régional du Limousin. Précisons que Calandreta Lemosina est une école indépendante de toute organisation politique, syndicale ou religieuse : gratuite et laïque, elle assure un service public d'enseignement en occitan.
(Concernant la langue bretonne, ce qu'en pense le P.C.F. depuis les années 70, je renvoie aussi à la lecture de ma biographie d'Alan Stivell: http://www.letelegramme.fr/ig/loisirs/musique/alan-stivell-une-biographie-de-reference-05-07-2012-1763002.php ).

Par souci d'objectivité, signalons toutefois que Luc Foulquier, chercheur en écologie – membre de la Commission Écologie du Conseil National du P.C.F.,  explique que le parti s'est préoccupé d'écologie depuis longtemps - au moins depuis le programme commun de la gauche en 1972. Peut-être son long soutien inconditionnel à la politique de l'U.R.S.S., grand Etat productiviste et industriel peu soucieux d'écologie, l'avait-il fait oublier... En 76, Pierre Juquin fit même une intervention au Comité central sur "Les communistes et le cadre de vie" (comme on le sait, il fut exclu du P.C.F. et rejoignit les Verts en 1991 - en 2010 en Auverge, il faisait partie du comité de soutien d'Europe Ecologie). Néanmoins, ces prises de position sont passées pratiquement inaperçues, peu défendues par la base. Luc Foulquier estime que "les « non débats » du style « non » aux nanotechnologies, aux O.G.M., au nucléaire, au TGV… exploitent les peurs et ne permettent pas la construction commune de réponses." Il ajoute: "une vision globale sur les rapports « homme-nature- société » est nécessaire pour lier le « vivre mieux et autrement » avec une autre conception de la croissance et du développement." On peut voir ses repères sur la pensée écologique (2009) ici: http://formation.pcf.fr/11829 .


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