mardi 17 septembre 2013

Un psychiatre pour la droite limougeaude...

Le message de la photographie du Dr Lambertie en ligne sur le site Haute-Vienne Alternance: un homme souriant, devant un paysage verdoyant, avec des lunettes plutôt mode, en veste sombre et chemise blanche mais décontracté car sans cravate, un stylo dépassant de la pochette qui indique l'activité intellectuelle et la prise de décisions par la signature...


                Il est certain que – depuis de longues années – la droite limougeaude, qui n’a jamais contrôlé l’exécutif municipal depuis la Libération, ne va pas bien. C’est finalement un psychiatre qui va tenter de la soigner et, de la faire sortir des outrances et de la médiocrité constatée lors des derniers scrutins : le docteur Roger-Emile Lombertie, né à Champsac en 1951, chef de pôle au CHS Esquirol, issu de familles d’agriculteurs et de propriétaires terriens. En août dernier, à l’occasion de la venue en Haute-Vienne de Valérie Pécresse, Guillaume Guérin avait noté qu’il était « assez rare pour être noté » que la Droite départementale soit réunie. Le candidat-psychiatre aura donc fort à faire dans les prochains mois. Objectifs de la droite limougeaude : entreprendre la « reconquête » être présente au second tour, augmenter le nombre de ses élus.
            Le médecin a fait acte de candidature dans Info magazine (une manière de contourner Le Populaire, qualifié par certains à droite de Pravda) en annonçant qu’il serait le candidat soutenu par l’UMP. Ses propos – comme il se doit à Limoges si l’on excepte les années Marsaud – ont été somme toute nuancés et presque centristes : « Je ne casserai pas ce qui est bien et j’associerai toutes les sensibilités politiques aux propositions de décisions pour un débat citoyen […] Il n’y a qu’une chose qui m’intéresse, ce n’est pas la place ou la fonction mais ce que nous pouvons apporter à la ville pour qu’elle fonctionne différemment. » Il développe par ailleurs une rhétorique étonnante pour un candidat de droite, bien que sans doute exacte : « Un changement de majorité serait salutaire, cela imposerait à l’opposition d’assumer la gestion de la ville et créerait un appel d’air pour renouveler les cadres du PS. » Une philosophie peut-être pas si éloignée de celle d'un de ses prédecesseurs: le professeur chiraquien Michel Bernard.
            En 2011, le Dr Lombertie a constaté dans le cadre d’une journée de travail au CHS Esquirol, que « la société est en souffrance grave », avouant son inquiétude face à la montée « de la paupérisation et de la violence dans les cités » et déplorant les fractures sociales : « socio-économiques, religieuses, philosophiques, générationnelles, de sexe. » Un constat partagé qui pourrait justifier un important pan de programme social, aussi bien pour la droite que pour la gauche, en particulier à destination des quartiers populaires de Limoges : Beaubreuil, La Bastide, Le Vigenal, le Val de l’Aurence et les Portes-Ferrées. Parmi les objectifs du candidat UMP : « La première priorité, oubliée depuis un siècle, est de créer des entreprises et des emplois productifs notamment en soutenant les chercheurs de l’Université afin d’augmenter les dépôts de brevets et les start-up. On peut multiplier par 20, 30 voire 100 ce qui a été fait à ESTER. La seconde priorité est de repenser la sécurité, l’organisation de la ville, la circulation, le commerce et l’aide aux personnes âgées. » Et d’envoyer une pique à l’actuelle majorité, qui se contenterait d’offrir un colis par an et la gratuité des transports aux plus anciens. On se féliciterait d’ailleurs, qu’à Limoges et en France, les entreprises soient encore plus innovantes et créatrices d’emplois, grâce à des choix stratégiques pertinents.
            Pas facile d’exister pour le centre-droit, après cette annonce et ce discours pour l’instant modéré. Objectif Limoges, qui réunit les troupes de l’UDI, du Parti Radical, du Modem et du Nouveau Centre, essaie pourtant de résister à l’appel des sirènes : Nadine Rivet (Modem), Vincent Léonie (UDI) et l’avocat Philippe Pauliat-Defaye (figure du centre-droit limougeaud, homme intelligent, homme de culture et d’esprit) appellent à une « union de citoyens » au moment où Bayrou et Borloo envisagent un rapprochement à l’occasion des prochaines échéances. Mais les militants limougeauds ne prennent-ils pas leurs vessies pour des lanternes lorsqu’ils rêvent d’un rassemblement allant de l’UMP au centre-gauche ? Imagine-t-on sérieusement les petites troupes du PRG de Monique Boulestin et Philip Gaffet les rejoindre, alors qu’il existe un accord de majorité présidentielle unissant le PRG au PS ? (Monique Boulestin envisage plutôt un destin européen, malgré les invectives du sénateur Demerliat sur son blog le 27 juin 2013). Jean-Marc Gabouty, le président de l’UDI en Haute-Vienne, conseiller général et maire de Couzeix, qui s’était présenté aux législatives contre un PS qu’il jugeait « omnipotent », note qu’il y aurait « un manque de renouvellement des idées à Limoges ».
            Bref, tous ces anciens soutiens de la politique de Nicolas Sarkozy ont du pain sur la planche à l’occasion de la campagne pour les municipales de 2014 qui s’annonce captivante. Peut-être s’uniront-ils tous derrière la bannière du docteur venu réanimer la droite locale ?


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