lundi 30 septembre 2013

Avoir les boules à Limoges

 

A Limoges, les amateurs de pétanque peuvent utiliser le boulodrome du Moulin Pinard. La gestion du Boulodrome est confiée, par la ville de Limoges, aux 2 comités de pétanque et lyonnaise. Le conseil d'administration est composé de Claude Bourdeau, adjoint aux sports, représentant Alain Rodet. Les charges sont supportées, pour moitié par la ville de Limoges, l'autre moitié étant à la charge des 2 comités. Le Comité Départemental de Pétanque a souhaité que les frais de fonctionnement soient assumés par les utilisateurs de l'enceinte et non par l'ensemble des licenciés ou des clubs. Mais l'on sait bien que les vrais amateurs de ce sport, nombreux dans le département, n'aiment rien tant que jouer en plein air et en pleine ville, sous des arbres - si possible en dilettantes. Ce n'est pas pour rien qu'il a connu tant de succès dans le Sud. Ainsi, mon grand-père maternel Marcel s'occupa-t-il de ce si charmant petit boulodrome de la place de la cathédrale, qui mériterait à lui seul d'être classé monument historique. Un temps, le "Café de la plage" (qui allait devenir, en déménageant rue Haute-Vienne, le mythique bar des Anciennes Majorettes de la Baule, que nous sommes nombreux à regretter), y organisa des concours, puis, il est tombé dans l'oubli, malheureusement coincé entre le vaste parvis rénové et quelques bâtiments. Un aménagement intelligent et peu coûteux consisterait à le mettre en valeur en effectuant un lien entre l'esplanade et lui. 
Que l'on ne s'y trompe pas: la pétanque n'a rien de ringard ou de franchouillard; on prend beaucoup de plaisir à y jouer, depuis fort longtemps, que l'on soit jeune ou vieux, homme ou femme. Je me souviens pour ma part de parties endiablées, entre amateurs de tous âges, sous les remparts de Port-Louis, dans le Morbihan, les étés. En revanche, c'est incontestablement un sport vraiment générateur de convivialité. C'est sans doute pour cette raison que les commerçants du centre ville limougeaud ont rêvé qu'il s'installe place de la République, sous les arbres, préférant la venue de joviaux pétanqueurs à une autre population, plus marginale et parfois agressive avec le passant. Mais cette idée - aussi bonne soit-elle - ne se suffira pas à elle-même: il faudra réfléchir à comment faire venir les joueurs, à organiser des animations; les gérants des brasseries proches pourraient - pourquoi pas ? - installer sur les bords quelques chaises et tables. Selon eux, la place est devenue plus répulsive qu'attractive (pourtant, il semble bien qu'il y a quelques années, les commerçants ont souhaité que "Lire à Limoges", qui y avait sa place, vide les lieux - on l'a donc déplacée vers le Champ de Juillet, non loin de la gare des Bénédictins, ce qui permet aux auteurs parisiens, qui viennent une poignée d'heures, de ne pas trop se fatiguer). 
Avoir les boules à Limoges, place de la République, est sans doute une bonne (petite) idée; mais on ne fera pas l'économie d'une réflexion d'envergure par rapport à cette place qui, sans avoir le charme architectural de la Plaça Reial de Barcelone, n'est pas dépourvue d'un intérêt sixties-seventies. J'ai déjà fait quelques propositions à son sujet sur ce blog; avec l'entrée de ville des Casseaux, ce doit être l'un des chantiers majeurs de rénovation urbaine du prochain mandat municipal. Comment faire revenir la population, en particulier en dehors de la période estivale (le principe de la patinoire à Noël est une bonne idée)? Tout pourrait s'y prêter, malgré la disparition des cinémas d'antan: bars, commerces (par pitié, que les Nouvelles Galeries fassent quelque chose pour rendre leur façade côté place et escaliers attrayante!), entrée de la crypte, fontaine (à embellir, en évitant de faire appel, si possible, à un "artiste" contemporain dépassé), manège... Il suffirait de remettre un peu d'âme, ce que ne demandent qu'à faire les jeunes lycéens de Gay-Lussac tout proche qui viennent parfois se bécoter sur les bancs publics (ils aiment aussi ceux de la place Jourdan ombragée). Sans doute faudrait-il songer à casser la monotonie minérale de cette place, y introduire un peu de végétation, de fleurs, des jeux pour les enfants, dans l'esprit du nouveau square des Emailleurs, une piste de skate board? Penser cette place comme inter-générationnelle, comme lieu appartenant à tous les habitants, pas seulement aux commerçants. Le marché du livre ancien y est à nouveau organisé (on pense alors à la Place aux Herbes de Bruxelles le dimanche matin), pourquoi pas envisager un marché thématique par jour? Il faut repenser la place comme nouveau centre de ville, comme le fut cet endroit à l'époque où l'abbaye Saint-Martial, lieu d'intronisation des ducs d'Aquitaine, capitale européenne de l'émail et de la musique, faisait battre le coeur du Château.

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