lundi 27 mai 2013

Avant la L.G.V.: travaux sur la ligne Limoges-Poitiers en 1966 (photographies de Jean-Marie Bourdelas)


C'était en août et septembre 1966 entre Limoges et Bellac: il s'agissait, du mieux que l'on pouvait, avec conscience et savoir faire, de changer les rails, les aiguillages, etc., pour moderniser la ligne. A l'époque, les voies dépendaient de la S.N.C.F., ce qui semblait normal à tout le monde; à l'époque, il n'était pas non plus question de privatisation, ce qui semblait encore plus normal. La S.N.C.F. était un grand service public, portant les valeurs du Front Populaire et celles du Conseil National de la Résistance. Ceux qui y travaillaient en étaient parfaitement conscients. Le train au service de tous, particuliers, entreprises, contribuant à l'aménagement du territoire. On entretenait donc les voies de traverses, on soignait les omnibus empruntés par ceux qui allaient travailler, mais aussi par les scolaires et les vacanciers. C'était un temps où il y avait du personnel: le conducteur n'était jamais seul dans sa cabine de pilotage! Les gares étaient ouvertes, avec du personnel d'accueil. Certains rêvaient encore de limiter l'impact dévastateur des camions en privilégiant le train pour le transport des marchandises. D'autres proposaient qu'on utilise le train dans Limoges comme un transport en commun. Il y avait un train formidable pour relier Paris-Austerlitz à Toulouse: le Capitole, qui circula jusqu'au début des années 1990. Il effectuait les 713 km du parcours en six heures (plus rapide que l'Intercités actuel qui met 6h30 pour faire le même trajet) avec quatre arrêts intermédiaires (dont la capitale limougeaude) et il était fort prisé (ah! le wagon restaurant...). Si l'on en croit le récent supplément du Populaire du Centre entièrement consacré à la L.G.V. qualifiée de "voie capitale", le temps de parcours entre Paris et Limoges - si cette option voyait le jour - serait "d'environ deux heures".
Après est venu le temps du T.G.V. et même du "tout T.G.V." Bien qu'étant à gauche, comme le président François Mitterrand, le Limousin n'en a pas bénéficié. Ce "tout T.G.V.", critiqué par certains syndicats de cheminots dès sa mise en service, n'a pas toujours fait la preuve de sa rentabilité, asséchant par ailleurs financièrement certaines lignes régionales. Yves Crozet, spécialiste du secteur ferroviaire, professeur à l’Institut d’études politiques de Lyon, chercheur au Laboratoire d’économie des transports, également membre, au titre de personnalité qualifiée, de la commission Mobilité 21, chargée d’analyser les grands projets du Schéma national d’infrastructures des transports, plaide quant à lui "pour un réseau de trains régionaux de qualité pour les déplacements du quotidien, loin de la passion pour la grande vitesse à l’œuvre depuis trente ans."

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