samedi 4 mai 2013

Pourquoi j'aime Jean-Marc Ferrer et Les Ardents Editeurs

Pas uniquement parce que c'est l'un de mes éditeurs!


Jean-Marc Ferrer et moi sommes - à une année près - de la même génération. J'ai croisé pour la première fois ce Varois devenu Limousin à la Faculté d'histoire de Limoges, avant de poursuivre mes études au Centre d'Etudes Supérieures de la Civilisation Médiévale à Poitiers. Puis je l'ai revu lorsqu'il a organisé, au Pavillon du Verdurier à Limoges, une formidable exposition consacrée à Camille Tharaud - l'occasion pour lui de publier un premier ouvrage aux Editions Lucien Souny. Il est ensuite devenu un spécialiste reconnu des arts décoratifs du Limousin des 19ème et 20ème siècles. Par la suite, il a eu le courage de quitter l'Education Nationale, où il était professeur d'histoire et géographie, pour diriger Les Ardents Editeurs, maison d'édition ambitieuse et de grande qualité. Il fait partie - j'ose croire que moi aussi... - de ces historiens limougeauds impliqués à la fois dans la recherche, souvent l'enseignement, mais aussi l'écriture et la vie culturelle et/ou citoyenne et politique de la cité. Je pense, entre autres, et à la suite, par exemple (sans remonter jusqu'à Alain Corbin), de Michel Kiener, qui s'impliqua tant dans les aventures de la Biennale de l'émail ou de l'Ensemble baroque de Limoges, à Philippe Grandcoing, Vincent Brousse, Stéphane Lajaumont, Dominique Danthieux et à d'autres, comme Thomas Duranteau. Je n'irai pas jusqu'à parler d'Ecole de Limoges, mais tout de même... on pourrait y adjoindre d'autres personnalités, comme Etienne Rouziès, dynamique conservateur du pôle Limousin de la Bfm de Limoges (auteur, entre autres, d'un Petit traité d’Odologie artistique [à l'usage de Perpignan et d'ailleurs] suivi de Perpign[an]thologie), ou même Olivier Thuillas, chargé de mission au CRL du limousin, très impliqué dans le projet Géoculture. Ces deux derniers ayant organisé la belle exposition consacrée à Georges-Emmanuel Clancier à la Bfm de Limoges au printemps 2013. On pourrait encore citer Pascal Plas, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, Jean-Marie Allard, assistant qualifié de conservation au pôle Limousin de la Bfm, et noter qu'il existe des connexions avec le reste du Limousin, par exemple avec Christian Rémy, ou Gilbert Beaubatie, professeur d'histoire à l'IUFM de Tulle, correspondant départemental de l'Institut d'histoire du temps présent, et même avec son fils, le philosophe et écrivain Yannick Beaubatie. Et pourquoi pas encore Michel Toulet, président de l'association Renaissance du Vieux Limoges?
Le travail des Ardents Editeurs combine à la fois l'archéologie littéraire en rééditant des textes oubliés assortis d'excellents commentaires historico-littéraires, des fictions contemporaines, de la bande dessinée, des documents précieux sur le patrimoine sous toutes ses formes, la plupart du temps sous forme de beaux livres (pour ma part, j'ai eu la chance d'y publier une histoire de la littérature du Limousin, de l'Antiquité à nos jours, sous forme d'abécédaire). Ce travail précieux vient après d'autres aventures comme celle du pionnier Lucien Souny ou celle de Culture et Patrimoine en Limousin, maison ayant connu des vicissitudes, à laquelle collaborèrent/collaborent certains des historiens mentionnés ci-dessus (il est concurrencé également par certaines publications des puissantes Editions Sud-Ouest ou de Geste Editions, qui publient de plus en plus d'auteurs limousins). L'esprit d'entreprise et le dynamisme, la suractivité même, de Jean-Marc Ferrer, lui font inventer de véritables évènements accompagnant la parution de certains ouvrages, en particulier de belles expositions, avec le soutien de divers partenaires, dont la Ville de Limoges. Ainsi, lorsque pour la première fois en 2013, et au grand dam des libraires, des éditeurs ou auteurs originaires du Limousin ne furent invités que le vendredi à Lire à Limoges, on constata que ce ne fut pas le cas des Ardents, qui restèrent tout le week-end (de même que Geste Editions et son équipe d'auteurs limougeauds de polars, coachée par Franck Linol).
Pourquoi évoquer Jean-Marc Ferrer et sa maison d'édition dans un blog autour de la campagne des élections municipales de 2014 à Limoges, me demanderez-vous? D'abord parce que la figure de cet éditeur actif s'est imposée comme une figure politique - au sens grec du mot - de notre cité; figure complétée par les autres évoquées ci-dessus, aussi diverses soient-elles (c'est d'ailleurs ce qui fait leur richesse). A ce titre, sa parole et son action sont donc, même indirectement, tout aussi légitimes que d'autres, plus politiciennes. C'est pourquoi les édiles auraient tout intérêt, pour nourrir leur réflexion et enrichir leur action, à écouter Jean-Marc Ferrer, mais aussi ces historiens (au sens large) limougeauds qui connaissent fort bien la ville et sa région. Certain(e)s, on n'en doute pas, le font déjà. Et certains de ces historiens sont d'ailleurs déjà engagés en politique, comme Stéphane Lajaumont au Front de Gauche.

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