vendredi 10 mai 2013

Quelques propositions pour Limoges en réponse à un membre d'Europe Ecologie Les Verts

2007: aménagement de la place de la cathédrale... on reste sur sa faim... mais tout n'est pas perdu!

Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai la "fibre écologique" depuis toujours! Et il n'est pas obligé d'être membre d'Europe Ecologie Les Verts pour cela, même si, au 1er tour de l'élection présidentielle de 1981, j'étais l'un des mandataires à Limoges de Brice Lalonde; même si j'ai un temps adhéré à cette formation; même si je fus le délégué en Haute-Vienne du Pôle écologique du Parti Socialiste (courant minoritaire s'il en est!). Depuis l'adolescence et ma participation aux activités du Club nature L'Ecrevisse, j'ai milité pour la prise en compte des nécessités écologiques; milité pour l'abandon du projet de camp militaire au Larzac; milité contre l'implantation d'une centrale nucléaire à Plogoff; milité en faveur de la décentralisation; du développement du rail plutôt que du routier et du "tout camion"; milité pour les énergies renouvelables; pour l'amélioration de la condition animale (vaste et nécessaire sujet, parfois oublié par les Verts); milité en faveur d'une Europe fédérale des régions; pour la reconnaissance des langues dites "régionales" (j'avais remis un rapport en ce sens à la députée Monique Boulestin)... J'arrête là. En 1992 - très peu le savent, j'imagine -, j'avais servi de go between entre l'équipe de Robert Savy et celle des Verts pour réfléchir à une alliance à la Région - alors laboratoire de la "gauche plurielle". Je me souviens encore de notre réunion, un soir, dans le bureau du Président. Pas étonnant, donc, qu'un cadre des Verts en Limousin me demande de lui faire part de quelques propositions. Voici les premières auxquelles je pense. Il y en aurait, bien entendu, beaucoup d'autres, et je ne doute pas un seul instant qu'elles pourront inspirer certains candidats dont elles compléteront sans nul doute la propre réflexion...
Je passe sur le fait que tout doit être tenté pour développer les énergies renouvelables dans la ville et les transports en commun, qui doivent être accessibles à tous, en particulier aux plus modestes. Tout également - et ce n'est pas facile, pour des raisons à la fois pratiques et de mentalités - pour limiter la voiture et les véhicules à moteur dans le centre ville et les quartiers les plus touristiques. Je songe à la rue Jean Jaurès et aux rues adjacentes qui devraient être réservées aux piétons et aux seuls trolleys (en dehors d'horaires permettant les livraisons et l'accès pour les riverains). Je rêve de la place du Présidial libérée de son parking. Je rêve de la place Denis Dussoubs (ancienne place Dauphine) interdite aux véhicules à moteur (en dehors des trolleys), les soirs d'été à partir de 20 heures, avec possibilité d'extension des terrasses. Et si l'on y réinstallait, comme ce fut initialement le cas, une fontaine au centre (on n'est pas obligé d'y remettre les dauphins à la gloire du fils du roi...)? Il est nécessaire d'encourager et de faciliter la marche et le vélo à travers la ville; de multiplier les parkings extérieurs au centre-ville.
De même faudrait-il sans doute réaménager, refaire, repenser... la place de la République, qui a tant de potentiel. Maintenir un manège et un bassin (refait), certes, mais y faire le lien de manière plus visible avec l'ancienne abbaye Saint-Martial, puisque nous devons beaucoup miser sur le statut de "Ville d'art et d'histoire", modifier et souligner l'entrée de la crypte, demander aux Galeries Lafayette d'enlever la frise colorée et en mauvais état (très années 1970) qui surplombe les escaliers, et surtout... remplacer le dallage par quelque chose de plus "vert" (pourquoi pas un jardin médiéval, puisque l'histoire du lieu y invite). Faire le lien, aussi, avec le fait que Saint-Martial fut un temps la capitale européenne de la musique. Autre place historique: celle de la cathédrale (photographies ci-dessus). Le fait d'avoir supprimé le parking est à lui seul une avancée considérable! Le parvis, l'extérieur de la cathédrale nettoyé, le monument éclairé, le nouveau Musée des Beaux-Arts... autant de décisions pertinentes. Mais cette vaste place en pavés "chinois", flanquée d'une fontaine plutôt laide (dont on espère qu'elle sera bientôt revue et corrigée, mériterait de devenir un vrai lieu de vie, avec plus de végétation, à commencer par des arbres. Et surtout, que l'on conserve le boulodrome (autre lieu historique et populaire), dont s'occupa un temps mon grand-père maternel! La nécessité de la sauvegarde et de la mise en valeur du baptistère, un des plus vastes de la Gaule, est une autre nécessité, en cohérence avec le développement de ce pôle fort, touristico-culturel, de la ville.  Et puisque nous sommes au coeur de l'Occitanie, il faudrait bien que cela soit visible dans la ville, au moins dans les quartiers historico-touristiques, grâce à une signalétique adaptée. D'une manière générale, Limoges a tout à gagner de la sauvegarde et de la mise en valeur de son patrimoine, qui ne peut qu'être un vecteur de développement économique (tourisme, hôtellerie-restauration, commerce de centre-ville). C'est une ville où il fait bon vivre, beaucoup le reconnaissent; il faut que cela continue (l'aménagement des bords de Vienne, même s'il peut se poursuivre, a été une excellente chose, longtemps attendue). 
Sur le plan culturel, si l'on peut se réjouir de l'offre qui contraste tant désormais à ce qu'il y avait autrefois - je pense aux centres culturels municipaux, à l'Opéra-Théâtre, au Conservatoire, aux musées rénovés ou créés, au Théâtre de L'Union (et aux autres théâtres et compagnies qui ont besoin d'une aide constante), à la Bfm -, je regrette à titre personnel l'absence d'un véritable pôle de musiques dites actuelles. Il y a quelques années, le créatif collectif Wild Shores, qui existe toujours (en particulier sur Paris), organisa à plusieurs reprises un formidable festival, Artooz, qui disparut faute de moyens. C'est fort dommage. On pourrait aussi imaginer la création d'une Maison de la Poésie, comme il en existe dans de nombreuses villes en France - mais il est vrai que la Bfm accueille des poètes et/ou des manifestations autour de la poésie. On se félicite en revanche de la future fondation d'un Centre européen du jazz (à la Borie?) à partir de la fabuleuse collection, en particulier de disques vinyles, de Jean-Marie Masse. J'ai la nostalgie des réunions du hot-club auxquelles j'assistais jadis, chez lui, rue François Chénieux, dans cet appartement aux murs recouverts de piles de disques. Il nous faisait écouter des trésors (dont divers spécialistes présents savaient parfois reconnaître tous les musiciens ou trouver l'année et le lieu d'enregistrement!) et ouvrait régulièrement la fenêtre pour chasser la fumée des cigarettes et des pipes accumulée pendant les auditions qui s'achevaient tard dans la nuit.
La programmation du Zénith n'est quant à elle pas toujours très palpitante.
Dans mon ouvrage Du pays et de l'exil Un abécédaire de la littérature du Limousin (Les Ardents Editeurs, 2008), j'ai montré combien les écrivains limousins et, plus spécifiquement, limougeauds (natifs, installés, exilés...) étaient nombreux, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Ce qu'a confirmé le livre Balade sur les pas des écrivains limousins, piloté par mon ami Georges Châtain, auquel j'ai également participé. Le Limousin apparaît comme l'une des villes les plus littéraires de France et Limoges comme une ville littéraire - ce que l'on ne sait pas toujours, à Limoges et à l'extérieur. Certes, le site Géoculture met en lien des lieux de la région et de la ville avec des oeuvres; mais il serait sans doute intéressant, parallèlement, que cela se traduise de manière concrète et visible dans l'espace urbain. On songe à Londres où de petites plaques rondes et bleues rappellent la mémoire d'illustres personnages; pourquoi ne pas envisager la même chose à Limoges pour les auteurs (avec un prospectus diffusé à l'Office du tourisme proposant quelques informations et un circuit)? Que l'on n'hésite pas à puiser dans mon livre: il est fait pour ça... Voilà qui contribuerait à enrichir l'offre touristique et culturelle et à entretenir une identité. (A l'occasion de ces lignes, je signale à ceux qui l'ignorerait que Limoges accueillit l'écrivain japonais Tōson Shimazaki (1872-1943) dont la maison, située 107 rue de Babylone, a été retenue dans le cadre des mesures de protection au titre de l’article L 123-1 7° du Code de l’Urbanisme. Peut-être pourrait-on en envisager une mise en valeur?).
Sans doute faut-il également réfléchir à l'aménagement des "portes de la ville". Limoges Métropole réfléchit (et prépare) à celui - essentiel - des Casseaux, en ayant compris combien il s'agissait d'un lieu important pour l'identité de la ville (paysage urbain, potentiel architectural et culturel, qualité de vie), ce dont on ne peut que se féliciter. On ira consulter ici le dossier: http://www.agglo-limoges.fr/lm.nsf/0/22188fd273d21d74c125773d004ce749/$FILE/Dossier%20concertation%20quatier%20Casseaux.pdf (il semblerait toutefois que le calendrier ait pris du retard). Gageons qu'à cette occasion, la patinoire, la maison de retraite et la piscine bénéficieront d'un ravalement de façade.
On le voit, les propositions ne manquent pas et ce blog continuera à en faire ou à en relayer jusqu'aux élections, tout en sachant qu'il est parfois (souvent?) plus facile de proposer que de réaliser. Mais, comme dirait Jaurès, il faut aller à l'idéal pour comprendre [et aménager] le réel!






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.