vendredi 5 avril 2013

Les bruissements de "Lire à Limoges"

A "Lire à Limoges" 1985, Laurent Bourdelas (au centre), en compagnie du poète Joseph Rouffanche, Prix Mallarmé (à droite) sur le stand commun des revues Friches et Analogie.


Le visuel du salon 2013, plutôt réussi, avec une gare des Bénédictins stylisée et la jeune bibliothécaire de Limoges, photographiée sur une pile de livres par Laurent Lagarde.


 Mon emplacement sur le stand accueillant de la Maison de la Presse Saint-Martial.

J'assiste à "Lire à Limoges", le salon du livre de la ville - que le regretté éditeur René Rougerie qualifiait, comme d'autres foires semblables, de "fête des ânes" - depuis sa création. J'ai même suggéré à Ellen Constans, la première élue qui en fut responsable (lors d'une émission de radio dont je conserve pieusement l'enregistrement) de créer des prix littéraires qui seraient remis à l'occasion de la manifestation. Ainsi fut fait, mais je rassure les lecteurs de ce blog, je n'ai jamais été primé à Limoges, en revanche, j'ai reçu le Prix Jean Carmet au Salon de Saumur en 2012 pour L'ivresse des rimes.
J'y ai donc de nombreux souvenirs (et je n'ai gardé en mémoire que les bons): souvent des soirées épiques, comme celle avec l'équipe du professeur Choron d'Hara Kiri, celle avec la Mano Negra ou une déambulation nocturne avec Jean-Claude Pirotte. Je me souviens aussi de cette année où, d'un café de la place de la République où était alors installé le chapiteau (qui changea plusieurs fois de lieu pour se fixer au Champ de Juillet), la grande poète occitane Marcelle Delpastre et moi regardions tomber la neige, moi buvant un café, elle, de l'eau chaude. Dans le froid sec de 2013, j'ai songé à nouveau à elle. Et puis, il y avait les dîners des auteurs dans un centre culturel de la ville dédié au rock d'où, une année, Jean Teulé s'amusait, à mes côtés, à jeter des boulettes de pain sur certains auteurs.
Cette année, la "dame de l'accueil" s'est trompée d'enveloppe: elle m'a remis celle de Nicolas B., un ami, qui écrit des polars historiques... je l'ai ouverte en toute bonne foi et en ai inventorié le contenu: le mot d'accueil du maire Alain Rodet, l'invitation au dîner des auteurs, au cocktail à la mairie le dimanche, etc. Avant de m'apercevoir de sa méprise, de rapporter l'enveloppe de mon ami et de demander la mienne... Mais, dans celle-ci, point d'invitation au dîner des auteurs! A mon interrogation, la "dame de l'accueil" me répondit: "non, non, il n'y a pas d'erreur"! J'étais donc banni! (Un voisin de stand me fit d'ailleurs remarquer ensuite que certains écrivains avaient droit à de petits cadeaux mais pas d'autres... misères de l'ego). L'an dernier, j'avais été invité comme un prince à L'Escale du Livre de Bordeaux, qui avait organisé une "rencontre gourmande" autour de mon Ivresse des rimes et du hors-série du Festin: Au coeur des vins de Bordeaux et du Sud-Ouest, avec Valérie Kociemba, suivie par une dégustation de produits locaux. Mais, comme dit le proverbe, nul n'est prophète en son pays.

L'invitation qui n'était pas dans mon enveloppe...

Lorsque l'un de mes éditeurs m'a signalé que je ne serai invité qu'un jour (le vendredi... où il y a moins de monde car les gens travaillent encore), j'ai trouvé cela très étonnant: c'était la première fois. Lors d'un rendez-vous avec Marie-Paule Barruche, adjointe au maire de Limoges qui a hérité, après la démission de celle-ci, d'une des délégations de Monique Boulestin - celle, justement de l'organisation de "Lire à Limoges" -, celle-ci m'a expliqué que le vendredi serait réservé aux "auteurs régionaux" et le samedi et le dimanche aux autres (parmi lesquels se trouvaient pourtant de nombreux "régionaux" dont nombre de mes amis écrivains et éditeurs, sans parler de Raymond Poulidor dont j'ignorais qu'il était écrivain). J'ai alors fait valoir que les Editions Stock (Paris), qui ont publié L'ivresse des rimes, ne sont pas exactement du même tonneau que celles de La Veytizou (Neuvic Entier) et que, si j'habite le Limousin, je ne suis pas à proprement parler un "auteur régional"! Quant à mon dernier livre, Alan Stivell (Editions Le Télégramme), il me semble consacré à un sujet somme toute assez peu local. Mes arguments ont sans doute porté puisque je fus invité les trois jours (mais sans invitation au dîner des auteurs, comme on l'a vu). Néanmoins, plusieurs libraires, auteurs et éditeurs ont regretté cette limitation au vendredi pour certains - tout comme certains s'inquiètent, à juste titre, de la possible arrivée de grandes surfaces au milieu des libraires

Une vitrine à l'entrée de "Lire à Limoges"
 Ces petits tracas mis de côté, la recette de "Lire à Limoges" demeure sensiblement la même que les autres années, avec le mélange des écrivains, auteurs divers et "people". Beaucoup de monde dans les travées, et des rencontres intéressantes, avec le public et d'autres auteurs, comme mon voisin Jean Alambre ou mes amis Vincent Brousse, Jean-Marc Ferrer ou Franck Linol - sans compter les amis libraires comme Maud Dubarry de Page et Plume ou David Bélair et les quelques politiques de différents bords venus me saluer. Et puis encore Gonzague Saint-Bris, à qui j'ai eu le plaisir de signer L'ivresse et avec lequel je me suis souvenu de cette belle journée partagée, en 1987, à l'occasion du Millénaire capétien, au château d'Amboise, avec le Comte de Paris (qui n'avait pas oublié que mon grand-père maternel, résistant, avait été proche de lui). Il y a enfin ces plaisirs familiers que je n'ai pas lorsque je signe à la Foire du Livre de Brive, ou à Paris, ou en Bretagne: retrouver des visages connus, parler à d'anciens camarades de classe et même, cette année, à l'une de mes institutrices de maternelle! Nul n'est prophète en son pays, certes, mais y revenir est parfois bien doux.

Aussi, lorsque le maire, Alain Rodet, croisé dans la foule, me demande si ça va, je peux lui répondre par l'affirmative. Je n'ai d'ailleurs pas oublié qu'il organisa une réception à l'Hôtel de Ville pour le lancement de L'ivresse des rimes, ni le petit mot qu'il m'envoya ensuite.

Vue de mon stand.

Mon ami le poète Jean-Pierre Thuillat, avec qui j'ai cofondé la revue Friches
au printemps 1983 - trente ans, déjà! - regardant, sous le chapiteau, un documentaire
racontant une partie de l'aventure.  

C'était il y a un an, avec le député-maire Alain Rodet et Huguette Tortosa, adjointe à la culture,
pour le lancement à l'Hôtel de Ville de L'ivresse des rimes...
 

 






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