lundi 22 avril 2013

La réhabilitation de la chapelle de la Visitation à Limoges... en attendant celle de la chapelle du Lycée Gay-Lussac?

Comme l'a dit fort justement Michel Bruzat, le directeur du théâtre de la Passerelle, la chapelle de la Visitation est un lieu "habité", où il y a des "vibrations"... Pas étonnant pour un lieu doté d'un si riche passé. L'histoire de ce bâtiment, propriété du Département, commence en 1775. Une chapelle érigée lors de la construction du couvent des Visitandines sera occupée par les religieuses contemplatives jusqu'à la Révolution. Le lieu fut ensuite transformé en tribunal révolutionnaire puis civil avant d'abriter une école de pharmacie puis une infirmerie pendant la guerre de 1914-1918, dont on a conservé quelques photographies en noir et blanc. Je me souviens y a voir vu, par la suite, des spectacles de théâtre et des expositions, au début des années 1980. Pierre Debauche, l'inventif directeur du CDNL, obligé de chercher en permanence des lieux de représentations en l'absence de théâtre permanent, y organisa des lectures de poésie entre midi et quatorze heures. Mais aujourd'hui, derrière la façade austère et minérale, grise, tout n'est que désolation. C'est pourquoi on ne peut accueillir qu'avec plaisir et soulagement la volonté du Conseil général de la Haute-Vienne de réhabiliter ce lieu, en affectant environ 500 000 euros à sa conservation, sa mise en valeur et son aménagement. Ce sera donc, après l'Espace Noriac créé dans des salles ayant appartenu aux jésuites, un autre lieu patrimonial anciennement religieux à devenir une salle de spectacle départementale. J'espère, bien sûr, que l'architecte saura préserver "l'esprit du lieu" et que le Département permettra à ceux qui le voudront d'utiliser ce bel endroit pour des programmations de qualité. J'ai travaillé avec les théâtres Expression 7, de La Passerelle, ou avec le Centre culturel Jean Gagnant, j'aurais un grand plaisir à le faire ici.
L'autre chapelle qui attend depuis fort longtemps sa réhabilitation, c'est celle du Lycée Gay-Lussac, monument classé du 17ème siècle, avec un magnifique retable lui-même classé, datant de la même époque. Comme une plaque l'indique sur la façade, c'est ici que l'on prépara également les Etats Généraux en 1789. C'est dire si le lieu est chargé d'histoire! Etrangement, à partir de 1928, il a longtemps servi de... gymnase au Lycée! Dans un livre paru il y a peu aux Editions Culture & Patrimoine en Limousin, Emailleurs contemporains Limoges 1940-2010, la galeriste Simone Christel évoque les biennales internationales de l'émail - malheureusement aujourd'hui disparues - qui se tinrent sous l'impulsion de Georges Magadoux (assisté de Gérard Malabre) puis de Michel Kiener, en partie dans cette chapelle, les étés 1970-1980, attirant un grand nombre d'artistes internationaux et de visiteurs, du Limousin, de France et d'ailleurs. A l'occasion de l'exposition, la Ville dégageait de son coffre de bois le retable monumental (10 mètres de haut par 12 de large). L'association Renaissance du Vieux Limoges a fait de la réhabilitation de la chapelle l'une de ses priorités; on est toutefois très étonné à la lecture de son site - qui développe longuement cette question: http://www.rvl87.com/html/gay_lussac.html - que le dossier avance aussi peu, sans que l'on puisse en déterminer les raisons véritables; il n'est pas possible en effet que ce ne soit qu'une question de négligence et de désintérêt. On ne refait jamais exactement l'histoire, et Limoges dispose d'un beau lieu d'exposition avec la Galerie des Hospices, mais on pourrait imaginer bien des destinations à la chapelle de notre cher vieux Gay-Lu (où Clancier... comme moi, fîmes de la gymnastique). Je ne peux que sincèrement souhaiter que les futurs candidats à la mairie de Limoges se saisissent aussi de cette question.

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